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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 15:56

Suite des récits de Georges Sublet, "La batteuse et les vendanges"...

 

"Fermé par des murs de pisé dégravoyés, recrépis obstinément par les hommes, décrépis patiemment par le temps, le "Süêl" était une partie de nos fermes qui servait d'aire de battage et d'entrepôt provisoire pour toutes les récoltes.

Le sol de ce dernier que tous les fléaux du passé avaient assoupli, était composé d'un mélange de terre, de grabot (balle de céréales) des quelques grains que Germinal, les poules et le tracanais (appareil pour vanner les grains restants de la batteuse) avaient oublié et qui s'étaient accumulés pendant des siècles. Il va sans dire que ce sol souple avait toutes les qualités requises pour servir de terrain de jeux aux petits bipèdes que nous étions.

Occupés à plein temps seulement par la paille et le grabottier (hangar servant à couvrir le grabot), les volailles nous laissant carte blanche par prudence (et combien elles avaient raison).

Grand d'une demie bicherée (mesure de contenance de 1520 m3 environ), c'était le stade et la salle des sports des enfants du quartier, sans danger du fait de son environnement, nous avions même la bénédiction de nos parents qui nous envoyaient jouer au "Süêl" pour des raisons de tranquillité.

Domaine des rêves et de la réalité, tous les jeux du monde y étaient permis, les batailles de 14-18 encore proches et tellement rabâchées, faisaient de nous des héros de Verdun, des Napoléoniens en herbe, des champions de lutte dans le "grabot" ou la paille, les joutes, le foot, les boules et le reste, tout y passait suivant l'humeur du moment ou par mimétisme des récentes manifestations locales.

Il y avait aussi les jeudis de gala : nous profitions pour ces derniers de l'absence de nos parents. Quand notre mère vaquait avec les vaches et notre père avec la faucheuse.

Le grand spectacle consistait à faire saoûler le cochon, les mass media ou le tam-tam arabe (appelez ça comme vous le voulez), diffusaient la nouvelle le mercredi soir et nous refusions du monde, le pailler et le grabottier servaient de tribunes confortables à tous les invités du coin. Je ne sais pas si mes patients lecteurs ont vu un porc saoûl. Ca ressemble à un caillon (porc) qui fait le singe avec un corps de cochon, et croyez-moi c'est "très très" rigolo. En intermède, on en faisait autant au coq le plus orgueilleux de la basse-cour pour lui apprendre la modestie et à écouter aux portes (c'était pas mal non plus). Les plus grands venaient nous y rejoindre le soir après leur travail. Ulysse, Gugu, Tatane, Juju, Dédé, Bébert, Tonin, Clément, Jean, Marcel et les autres... Je crois que l'enfance durait très longtemps à cette époque !

Et puis à la tombée du jour, le "Süêl" devenait maison de la culture et des arts vers la fin de la Saison Verte, quand le sol humide et chaud avait un goût d'avant batteuse.

Assis en rond, les yeux et les oreilles équarquillés, nous écoutions les histoires croustillantes de Gugu. Il préludait toujours par "je me suis laissé dire", probablement pour changer la méthode des autres conteurs qui commençaient toujours par "il était une fois".

Toutes les anomalies du quartier y passaient : le dernier vol de poules, sa dernière rencontre avec un couple plus ou moins régulier dans les vorgines, la plus grosse carpe ou le plus gros brochet pêché dans la semaine, le dernier crêpage de chignon, la plus belle chasse aux canards de la dernière saison grise, la dernière victoire des jouteurs, des nageurs et des rameurs qui revenaient souvent chargés de lauriers nationaux, et Dieu sait s'il y en avait à cette époque dans ma rue. Il était "intarissable".

Ceci pour les lettres, pour les arts Ulysse et son frère Tonin nous offraient un festival de tambours accompagnés quelquefois par le clairon ou la trompette d'un complice à eux de la clique du village. Et puis à contre coeur il fallait rentrer, la culotte remplie de "grabot" dont une partie allait finir dans les draps et gratter nos jeunes fesses plus ou moins habituées à la dure.

En me souvenant de mes jeunes années qui couraient dans la paille, je pense souvent que les "süêls" ne sont plus ce qu'ils étaient, dommage..."

(paru dans Le Potin n° 12)

 

 

  château bégude

 

Une oeuvre originale de Liliane Roux, le Château de La Bégude

 


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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 18:50

 

 

1) Sur eBay :

Régulièrement, des vendeurs proposent des pins sur eBay, en voici deux sur le thème de Feyzin :

 

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Et aussi régulièrement, on trouve en vente sur eBay le numéro 875 de Paris-Match, avec le reportage sur la catastrophe de Feyzin en 1966 :

 

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(Je précise que je n'ai aucune action chez eBay...)

 

2) Voici la dernière création de Liliane ROUX (peintre originaire de Feyzin, voir précédemment dans le blog), intitulée "L'Egyptien" (c'est d'actualité...)

 

l'egyptien

 

Quel talent !

 

3) Où en est-on avec le concours de la Mairie de Feyzin sur les cartes postales ? Réponse bientôt, on espère. En attendant, voici une carte postale ancienne peu courante, sur la place des Razes :

 

place des razes

 

C'est tout pour aujourd'hui. Prochainement, la suite des récits de Georges SUBLET, parus dans le Potin...

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 15:41

Premier article de 2011, année que je vous souhaite bien sûr excellente !

Il s'agit d'un autre récit de Georges Sublet, paru dans "Le Potin" n° 11.

Je n'ai pas de photo d'objet en osier à proposer pour illustrer cet article. Pourtant, quand j'étais petit, qu'est-ce que nous avions, à la maison, comme paniers en osier ou bonbonnes de verre protégées par un tressage d'osier ! Mais que voulez-vous, ce n'était pas l'ère de l'appareil photo numérique, et quel intérêt aurait-on eu à photographier ces "vulgaires" objets ?...

 

Dans ma rue et comme dans toutes les rues et tous les métiers du monde, les « vanniers » avaient leur hiérarchie. Ils étaient d’abord débutants bien entendu et ensuite artisans ou artistes suivant qu’ils possédaient ce qu’il est convenu d’appeler la classe, le talent ou dans de très rares cas « le génie ». Une dizaine de ces artisans avaient pignon sur ma rue, dans mon quartier. Ils employaient, suivant l’importance de leurs affaires, un ou plusieurs compagnons. Fins travailleurs, fins conteurs et fins buveurs comme il se devait dans le monde des artisans des années vingt.

Ils avaient également des apprentis dans le bon sens du terme, ni assistés, ni exploités ; ces derniers qui seraient plus tard artisans ou artistes suivant leur destin ou leurs capacités (cela va de soi).

Ces artisans avaient pour mission de fabriquer ce que les hommes des années 80 ont appelé plus tard les emballages ou « les conditionnements ». La seule possibilité de l’époque pour le transport de la javel et autres acides était le verre. Invulnérable à la corrosion mais fragile, et c’est ici que les vanniers intervenaient. Ils empaillaient les bonbonnes des premières industries chimiques (Saint-Gobain, Lumière et les autres). C’est vous dire l’importance QU’AVAIENT CES ARTISANS. Comme diraient certains technocrates de mes contemporains « l’offre et la demande jouaient en leur faveur » et c’était très bien.

Je me rappelle que des trains entiers de la Compagnie des Chemins de Fer (Paris-Lyon-Marseille) transportaient ces bonbonnes, grosses, belles et bien rangées, douillettement entourées de paille et enveloppées de cette parfaite protection qu’était l’osier tressé. Pour ces vanniers qui savaient allier l’esthétique à l’efficacité, je confère largement et sans être chauvin le titre d’artisans, d’autant plus qu’ils étaient capables de bien d’autres choses avec de l’osier.

Quant aux artistes, c’était une autre histoire, c’était un autre monde, un monde du passé et du présent, un monde d’éternel « passage » qui ne laissait à ceux qui demeuraient que les fugaces souvenirs de cabrioles qui partaient toujours, de chevaux maigres et doux qui traînaient des grappes d’humains différents de nous, grappes de haillons sales, percés par des yeux noirs et brillants qui regardaient d’autres horizons.

C’étaient les gitans, les bohémiens. Ces incurables voleurs de poules et de « reuiottes », inassimilables à perpète avaient le don extraordinaire d’utiliser le produit de leurs larcins. Cela tenait de la magie. Entre leurs mains, les reuiottes devenaient dentelles ou sculpture.

Ils jouaient avec l’osier comme les Django Reinardt jouaient avec les nuages et les Manitas avec les guitares de leurs « flamencos ». Si certains ont connu des tziganes heureux, je me souviens de bohémiens et de gitans géniaux. Bien sûr, il y avait les autres… Chez nous aussi probablement… Mais dans les années vingt, un fils de paysan comme moi avait toutes les chances de rester apprenti vannier toute sa vie. Car telle n’était pas notre vocation, il faut laisser aux vanniers ce qui est aux vanniers et la terre aux gens de la terre.

Je ferai une exception pour mon père. Les paniers et les balles qui servaient à toutes les sauces dans le transport des produits de la ferme, raisins, pommes de terre, nourriture du bétail, étaient exécutés par ce dernier d’une façon parfaite.
Je passais des heures à le regarder tresser ces belles tiges d’or roux, admirer le beau mélange des refendus blancs et les dorés des plus petites tiges qui montaient le long des parois. Je trouvais ça très beau… C’était mon père. On est toujours chauvin dans ces cas-là, surtout quand on a dix ans. Mais nous étions, nous les paysans de la vallée, les fournisseurs des vanniers. C’était un de nos métiers parmi tant d’autres. Oserais-je parler d’oseraie comme on parle de roseraie ? Pourquoi pas, puisque Larousse est d’accord. Encore que pour nous, l’osier c’était les « roulottes » ou les vorgines suivant les variétés plus ou moins nobles de la famille de « tout ce qui peut s’entortiller », saules, sanguins, peupliers bâtards et d’autres espèces que je ne saurais vous décrire autrement que par leur utile souplesse.

Nos champs d’osier, éternels tondus, m’ont toujours fait penser à des régiments de petits hommes au garde-à-vous pendant la saison grise, ces saules bâtards mais pas si bâtards que ça que la saison nouvelle recoiffait toujours de tiges vert pâle et doré faisaient partie du patrimoine de la vallée.

Toutes nos vignes, au début et à la fin de chaque rang de ceps possédaient un plant de « roulottes » dont les jeunes pousses servaient à attacher les arçons. Tous nos fagots « Spécial Boulanger » à deux liens étaient liés par des vorgines. Toutes nos « fagottes » à un lien également, les fagottes de sarments et les roulottes elles-mêmes étaient attachées par l’une d’entre elles, les plus raides étaient une arme redoutable entre les mains du père ou de la mère contre leurs chenapans de rejetons (dans certaines grandes occasions seulement). Je vous laisse juge de l’importance de ce patrimoine…

Pour ma part, je n’ai jamais dépassé le stade d’apprenti mais j’avais trouvé la combine pour utiliser de la façon la plus rentable les petites reuiootes restantes. Je fabriquais des paniers d’une contenance de un kilo environ. Petits paniers que je remplissais à la fin du mois d’avant la Saint-Jean, de fraises du jardin pour aller les vendre au marché de Saint-Fons en profitant du parrainage de « Maître Pépino » qui allait livrer ses éternels lapins et bien d’autres choses que j’ai oubliées.

Nous partions de bon matin par l’omnibus P.L.M. pour des raisons de poids et revenions en « pedibus » pour des raisons d’économie. Inutile de vous dire que nous avions tout vendu compte-tenu de l’importante clientèle de « Maître Pépino ». Sur le chemin du retour, je calculais que ma recette de la matinée rajoutée à ma rente d’enfant de chœur me permettrait pendant un temps assez long de manger les bonnes miches et les barres de chocolat de la Boulangerie Charmettant et même de me payer une séance à « L’Eden Cinéma Muet » de la Maman Deiro. La vie était belle…

Et je pensais bien avant d’autres « qu’elle était belle ma vallée »…

Georges SUBLET

 

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Au Mas des Razes, écomusée de Pierre Bailly à Feyzin ; on peut apercevoir deux objets de vanniers sur cette photo (juillet 2009)

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 15:27

Suite des récits de Georges Sublet ; celui-ci est paru dans le Potin n° 10 :

 

Si les gitans, éternelles cigales, suivaient la marche du Rhône dans le sens Nord-Sud pour des raisons précises d’ensoleillement, de confort et de facilité, un peu comme les chats, d’autres migrateurs pour des raisons parallèles mais différentes longeaient ce dernier du levant au couchant depuis bien loin, depuis l’autre côté des Alpes, depuis bien avant la source du Rhône.
Bien loin, bien sûr, quand on mesure les distances en nombre de pas, leur seul moyen étant leurs deux jambes « pedibus jambis » comme l’auraient prononcé leurs aïeux les Latins.

Que d’aucuns les appellent à leur guise Romains ou Transalpins, pour le petit Gaulois que j’étais, c’étaient les Italiens et leurs lapins, Piémontais, Ligurien, Romain ou Milanais, ma rue fut pour beaucoup « le Terminus » (toujours à cause de leurs aïeux).
De mauvaises langues ont même dit que s’ils étaient restés sur la rive gauche, c’est qu’ils avaient la frousse  de traverser de l’autre côté du fleuve. Mais c’étaient des mauvaises langues et une certaine mauvaise réputation. Soyons modeste. De toute façon, qu’auraient-ils été faire de l’autre côté ?

Ces migrateurs-là, plus Fourmi que Cigale , conquérants pacifiques, malins ou malicieux, un peu pirates comme nous l’étions, le proverbe dit ‘tout ce qui se ressemble se rassemble’, de civilisation identique à la nôtre avec ce que cela comporte de bien et de mal, de bon et de mauvais.

Nous étions faits pour nous entendre. Ce qui fut fait avec la complicité du temps.

Ils ont eu des garçons et des filles ; nous avons eu des garçons et des filles puisque c’est ainsi depuis que le monde est monde. Ainsi va la vie.

Le voisinage, le travail, l’herbe à lapins qui permettaient les rencontres a fait le principal. Dans bien des cas, l’amour a fait le reste. Nombreux sont les Gaulois et les Gauloises d’aujourd’hui qui ont des noms latins et tous ces Latins qui ont des noms français. Qui a pris qui à qui ? Dire qui a appris quoi à qui ? Allez savoir… Les deux probablement. Nos vignes étaient voisines, nos terres et nos jardins aussi, nous avons pioché les mêmes ceps ; nous avons moissonné les mêmes blés. Il est bien sûr que « la batteuse et les vendanges », pour rapprocher les êtres, il n’y avait rien de mieux. La preuve habitait dans ma rue.

Parmi ces immigrés des années vingt, il y en avait un venu tout droit du monde des contes italiens. Pinocchio piémontais, il s’appelait « Pépino », un mètre quarante cinq, fourmi mais prêteuse, valet de tous et de personne, éleveur de lapins, plumeur de poules, cuisinier, raccommodeur, philosophe et vieux garçon. Il était ce que nous avions pour coutume d’appeler « Un Personnage » !

La porte était toujours ouverte aux compatriotes harassés de leur longue route : il était pour eux le refuge, le restaurateur, l’interprète, le bon et la bonne hôtesse « faccio tutto » comme on dit là-bas, la pasta fresca, le gniocchi et les macaroni et « sapeva tutto fare »

Il est parti depuis quelques années dans le paradis des Pinocchio. Bon souvenir nous reste.

Tous mes contemporains ou leurs enfants dont le nom se termine en a –o – i – se rappellent de lui. Tous les Emilio, Aldo, Nino, Attilio et les autres avec qui j’ai tellement de souvenirs en commun et pour qui j’écris ces pages.

Nous avons vécu si longtemps ensemble que maintenant et comme moi « ils sont d’ici » Ma ché bella cosa !!... ne croyez-vous pas ?

 

Georges SUBLET

 

Ce beau texte de Georges Sublet m'interpelle tout particulièrement, puisqu'il fait référence à mes racines. Il évoque toute ma famille paternelle, mon grand-père paternel, que j'ai hélas si peu connu, mon père, mes oncles, oui tutta la famiglia ! Mon grand-père paternel était venu à Feyzin en 1922, pour échapper à la vague faschiste italienne (il était syndicaliste) et pour chercher du travail. C'est l'année suivante qu'il fit venir son épouse et ses quatre enfants, trois garçons (Mario, Emilio - mon père -, Attilio) et une fille (Dina). Ils ont tous connu Pépino, mais ne m'en on pas assez parlé... Seule ma chère tatan Dina est en vie, aujourd'hui.

 Ah, si tous, y compris Georges Sublet, avaient connu ce que nous vivons actuellement en France, à propos de l'immigration...

 

potin 15

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 13:18

Eh oui, le blog "Feyzin, passé simple" aura deux ans demain ! Créé par un ancien Feyzinois exilé à l'île de La Réunion, le blog, à ce jour, a reçu 6232 visites, 17173 pages ont été vues au total par les internautes. Merci à tous de vos visites, de votre intérêt et de votre fidélité !

 

Parallèllement à cet événement, je voudrais m'exprimer sur le concours organisé par la Mairie de Feyzin, découvert sur la lettre numérique de Feyzin link

Le concours a pour support les cartes postales anciennes de Feyzin (il s'agit de photographier les lieux actuels des représentations des cartes postales du passé de Feyzin). Initiative louable.

Cependant, j'ai mis un commentaire sur la newsletter. Je regrettais n'avoir pas été contacté pour ce concours, étant donné que de nombreuses cartes postales anciennes apparaissent dans mon blog (beaucoup d'entre elles proviennent de la collection de Dominique Bailly) et que je pouvais relayer l'information ici même.

Première surprise... La seconde, la voici : le webmestre de la Lettre de la Mairie de Feyzin m'a répondu en substance qu'il était enchanté de découvrir l'existence de mon blog sur le vieux Feyzin. J'ai aussitôt vérifié sur la page municipale des sites sur Feyzin, mon blog y est toujours référencé grâce au flux RSS.

Tout cela montre le peu d'intérêt que la Mairie de Feyzin accorde à ce blog depuis deux ans. Ce qui ne l'empêche pas d'organiser un concours relatif au vieux Feyzin...

Je conseille aux personnes concernées de lire ce blog, pour peu qu'elles cherchent à comprendre mes propos, et si possible d'aller visiter l'écomusée de Pierre Bailly, rue Thomas à Feyzin.

Bref, restons positif. Espérons que de nombreux Feyzinois participeront à ce concours. Les lecteurs assidus du blog "Feyzin, passé simple" auront pu découvrir, avec ce concours, sur le panel des cartes postales anciennes trois nouvelles cartes, la rue de Sérézin, la route nationale et l'allée du Rhône (à propos de cette dernière carte, il est à remarquer que la photo est inversée, en effet sur l'allée des platanes, l'église sur le coteau devrait se trouver à gauche sur la photo)

 

RECTIFICATIF ! Dominique m'a contacté à propos de la carte postale "allée du Rhône" ; à son avis, la photo est dans le bon sens, l'église apparaissant sur le coteau à droite étant non celle de Feyzin, mais celle d'Irigny...

 

Comment accéder à mon blog rapidement ? Taper sur Google les mots "feyzin passé simple" ou "blog feyzin"

 

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 15:43

Suite des récits de Georges Sublet parus dans « Le Potin » (n° 9)

 

Chez nous, les cochons mouraient à l’aube.
Si d’autres jeux et d’autres travaux nous attendaient, d’autres joies et d’autres tristesses aussi, liées à notre forme de vie qui sans être pire ni meilleure que celle des autres habitants de la vallée comportait néanmoins des règles impératives de survie.
Bien sûr, dans l’ensemble, ces règles étaient universelles. Chez nous, elles étaient adaptées plus ou moins bien ou plus ou moins mal aux nécessités locales.

Bref, il fallait tuer le cochon à certaines époques de l’année, le commencement de la « Saison Verte » en était une.

Un peu d’imagination et l’absence de frigo vous feront comprendre l’objectivité ancestrale de ce choix.
Il fallait tuer le compagnon de jeux, celui avec qui nous avions joué, celui que nous avions nourri pendant un an avec les orties, les betteraves, les petites pommes de terre et le « petit lait » réservé à cet effet. Les écolobourgeois qui adorent le jambon et le saucisson ont toujours eu des difficultés à comprendre (cela et bien d’autres choses…)

De toute façon, il y aura toujours ceux qui tuent les cochons et ceux qui les mangent. C’était et c’est comme ça ! Chez nous, les cochons mouraient à l’aube.
Quand le sacrifice commençait, le petit garçon que j’étais dormait encore la couverture sur la tête et les doigts dans les oreilles, terrifié par les cris du condamné. Et puis le silence succédait à la violence, comme toujours dans ce cas-là. J’enlevais mes doigts de mes oreilles, repoussais la couverture et sournoisement la curiosité l’emportait. Je me levais peureusement et m’approchais lentement, un peu comme les crabes, probablement. Le grand feu de paille qui avait servi à « bucler » le cochon finissait de brûler dans la cour de la ferme. Le bourreau de service armé de son grand couteau rasait les soies restantes sur la « couenne » (peau de cochon). Cette dernière devenait rose comme la figure d’un « Monchu » (Monsieur) bien rasé et bien nourri.

Alors le charcutier cessait d’être le bourreau, il « officiait », les rites séculaires s’enchaînaient scrupuleusement réglés et respectés. Même les « farces » devaient remonter à la nuit des temps tellement elles étaient bien préparées.

Parmi ces dernières, il y en a une qui reste accrochée à ma mémoire d’ancien petit garçon. C’était « la première saucisse ». L’officiant prenait pour cible un naïf, de préférence très jeune. J’ai fait partie de ces naïfs-là. On me flattait. On me promettait que si je travaillais bien, si j’étais sage, ci ceci, ci cela, j’aurais droit à la première « saucisse » et j’y ai eu droit.

Je devais la faire cuire dans le four bien chaud, et après un quart d’heure de cuisson, la piquer avec une fourchette, la retourner, etc. Ce qui fut scrupuleusement fait. Croyez-moi alors, l’odeur infecte qui se dégageait de cette fameuse « première saucisse » me faisait rapidement comprendre que j’avais été berné dans les grandes largeurs. Cette dernière n’étant ni plus ni moins qu’un morceau de boyau attaché aux deux extrémités et rempli de ce qui est habituellement le contenu de n’importe quel boyau de mammifère, ainsi était notre humour.

Les rires de toute la famille et des voisins m’ont probablement fait vite oublier cette humiliation très passagère, d’autant plus que ce jour la personne n’avait le temps de s’apitoyer sur des détails futiles (sauf moi puisque je m’en rappelle encore)

Ces souvenirs sont-ils Tristesse, ces souvenirs sont-ils « Les Rires », comme la vie mélange tout, « Vat savoir », et puis le Rhône a tellement coulé depuis…

 

Georges SUBLET

 

potin n° 4

(Scan de Dominique Bailly)

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 08:30

Suite des récits de Georges SUBLET (parus dans le n° 8 du "Potin")

 

potin n° 5

 

LA COULEUR DES SAISONS

 

Mais comme toutes les choses ont des limites et que les bateaux qui flottent ne transforment pas pour autant les enfants en Corsaire ou en Tabarly, nous nous contentions de nous asseoir sur la planche qui servait de siège en manoeuvrant les rames tant bien que mal. D’ailleurs comme tous les enfants du monde, nos parents étaient là pour nous surveiller. D’autant plus que pour eux, l’eau était leur ennemi mortel. La preuve en est que je n’ai jamais vu les Anciens en mettre dans leur vin, sous aucun prétexte ; il faut les comprendre, on ne pactise pas avec celle qui vous veut du mal, je pourrais vous dire sans être trop mauvaise langue qu’ils n’en abusaient pas pour eux-mêmes, la plus grosse consommation de la pompe était réservée pour la boisson des chevaux et des vaches.

De toute façon, le fleuve s’en retournait comme il était venu après quatre ou cinq jour d’invasion en laissant derrière lui le limon visqueux et blanchâtre que nous appelions la « mâne ». Nous disions les blés sont manés, les prés sont manés, cette boue collante et sale qui était la dernière attaque de la Saison Grise allait disparaître en quelques jours, la neuve, la propre Saison Verte, celle qui pourchassait les alluvions jusqu’au fond des lônes au quart vides et les entourait de ces verts de toutes nuances, la seule couleur de la saison nouvelle.

En parlant des lônes, il faut vous dire que le Rhône qui partait et revenait quand il en avait envie, jouait de ce fait des mauvais tours aux brochets qui s’étaient aventurés en dehors de son lit en les oubliant. Par contre, « nous », nous ne les avions jamais oubliés, c’aurait été dommage, et puis c’était si facile pour les petits pêcheurs en apprentissage que nous étions, que de cueillir ces derniers dans les filets naturels que la nature avait mis à notre disposition. Quand nous rentrions à la ferme, nous étions aussi vaseux que nos poissons mais fiers comme Artaban de nos exploits.

Le fleuve quelquefois, était par regret ou par rancune, revenait nous voir en mai ; il recouvrait à nouveau les champs et il arrivait alors aux carpes ce qui était arrivé aux brochets le mois précédent, mais là c’étaient les prairies qui servaient de filets et l’amour qui servait d’appât. Des centaines de carpes de 5 à 25 livres se trouvaient bloquées, elles étaient venues pour frayer. Elles se débattaient dans les hautes herbes, c’était la curée du quartier, les fourches servaient de harpons, de toutes façons elles étaient condamnées, soit par les prédateurs à deux pattes, soit par l’asphyxie, ainsi était le destin des carpes au mois de mai là-bas dans les prairies qui n’avaient rien fait pour en arriver là.

Quand le curé, au catéchisme, nous racontait l’histoire de la pêche miraculeuse de Saint-Pierre, Jésus et ses copains sur le lac de Tibériade, je pensais que dans le fond nous n’avions rien inventé.

Au mois de mai, mon père, pour des raisons d’hygiène, de bien-être et d’économie, avait pour coutume de tondre ses deux chevaux et ses quatre fils. Si les chevaux étaient contents, on ne peut pas en dire autant des quatre fils qui se trouvaient de ce fait un peu différents des autres, soit à l’école, soit à la messe (je crois d’ailleurs que la tonte des fils n’a pas dépassé les années 20) car c’étaient eux et non les chevaux qui ruaient dans les brancards (cours-moi après, j’t’attrape).

On n’arrête pas le progrès, que voulez-vous ! La contestation était en route, les enfants n’étaient plus ce qu’ils étaient, comme disait ma mère à qui sa mère avait dû en dire autant.

En mai, dit la chanson, nous n’allions plus au bois, les osiers sont coupés, les fagots finis, d’autres travaux et d’autres jeux nous attendaient.

La grise a disparu                                                        La verte est apparue

La terre recommence                                                   La terre recommence

Recommence sans elle                                                Recommence avec elle.

 

Georges SUBLET

 

la plaine2

 

La plaine de Feyzin

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 16:48

Suite des récits de Georges Sublet publiés dans "Le Potin" :

 

Les Pirates ?

J’ai constaté un jour, tristement et après bien sur une consultation du Larousse, que le mot « pirates » voulait dire : bandit qui court les mers pour piller et voler, et également et en définitif « tout homme qui s’enrichit en pillant et volant », quelle horreur !

N’en déplaise à l’écrivain Bernard CLAVEL qui a dû confondre un beau jour « La maison des autres » avec le « Fleuve des autres » et paix à son âme d’écrivain avec qui il aura ou bien a déjà des comptes à rendre…

Les pêcheurs du Rhône n’ont rien à voir avec ces gens que l’on appelle « pirates » qui volent et qui pillent pour s’enrichir. Soyons sérieux, enfin !

J’en appelle à ces vieux pêcheurs Feyzinians et Saintfonniands, professeurs es pêche qui avaient découvert depuis longtemps le proverbe chinois si merveilleux qui dit : « Si tu donnes un poisson à ton ami, il mangera pendant un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toute sa vie ».

Clavel, comme tous les hommes, ne pouvait comprendre et ne pouvait parler que maladroitement de ce qu’il n’avait ni connu, ni vécu, ou si peu.

J’an appelle à Saint-Pierre qui pêchait sur le lac Tibériade (avec le fils de Dieu et les copains de ce dernier). Qui aurait eu le culot d’appeler ces Gens-là des « Pirates » ? Enfin, soyons sérieux !!

Pirates ! Ceux qui pendant des générations ont nourri dimanche de printemps après dimanche de printemps, dans les guinguettes du bord du fleuve ou ailleurs, tous les amoureux du monde, avec leur friture fraîche et déshormonisée.

Pirates ! Ceux qui pendant des générations ont nourri tous les bourgeois lyonnais, les gros bonnets, Président de pêche et j’en passe, avec leurs brochets aux longs becs et leurs grosses carpes (je parle des poissons).

Quant à moi, je revois et j’entends du plus profond de ma mémoire, je revois et j’entends du plus loin de la Rue Thomas, cette bonne mère BADIN avec son landau désaffecté, plein de poissons, sans affectation parce que trop petit pour les bourgeois ou trop gros pour les fritures d’amoureux.

Je revois cette dernière crier : « Que te vous de païssons ! Que te vous mon bon pai aisson… ! »

Il faut vous dire qu’elle avait le don extraordinaire de baptiser « brème » ou « chevasson » tous les tunards de la terre que lui avaient donné les pêcheurs la veille, ou bien l’avant-veille (il n’y a que la foi qui sauve).

Et si le Vendredi était jour maigre pour nous, il était jour gras pour la Mémé Badin.

Et si la viande était interdite pour nous sous peine de voir l’Enfer en perspective, ce même jour pa contre, les tunards passaient frais ou pas si frais, allègrement, arêtes comprises dans la « casse » (poêle à frire) des gens de ma rue, accompagnés des « Matafans » (matefaim ou grosse crêpe) de service ce jour-là.

Pirates, ces gens-là ? Sans être trop mauvaise langue et tout en étant né dans la Rue Thomas, je peux toujours imaginer que les pirates étaient de l’autre côté de la Rivière. A vous d’en juger présentement.

« Lou vent vin de Miejou

Lou vent vin par itiie

Fa chante tout lou Pivou

Alons aux brotiaux Ma Mia Jeanne

Nous danssiron lou Rigodon »

(Le vent vient du Midi, le vent vient par ici, fait chanter tous les peupliers, allons aux brotteaux – quartier des bords du Rhône – Ma Mie Jeanne, nous danserons le Rigodon)

 

Georges SUBLET

 

Les anciens de Feyzin et des environs (disons des bords de Saône jusqu'à Givors, au moins) savent bien ce que furent les pirates. Quand j'étais gosse, j'entendais mes parents parler de pirates qui "sévissaient" au bord du Rhône ; alors germaient dans mon imagination d'enfant mille suppositions... Qui étaient donc ces mystérieux "pirates" ? Beaucoup de mystères entouraient ces personnages, en effet.

Le journal "Feyzin Magazine" lève partiellement le voile en 1993 :

 

pirate1

 

... et poursuit dans un numéro suivant :

 

pirates2

Dans son article, Georges Saunier met définitivement les choses au point. Allez, n'en déplaise à Georges Sublet, lisez (ou relisez) "Pirates du Rhône", de Bernard Clavel !

 


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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 09:25

Suite des récits de Georges SUBLET...

 

« La rue Thomas »     Suite……

Parmi les êtres vivants qui avaient pignon sur rue, sur Ma Rue Thomas, il y avait mon compagnon d’enfance. Nous étions mitoyens de chambre lorsque j’avais dix ans.

Il s’appelait « Mousse ». C’était un quadrupède de huit cents kilogrammes, un des chevaux de la famille, car il en fallait à cette époque. Ma chambre était séparée de la sienne par un mur percé d’une petite lucarne. Mon père m’avait donné pour mission, tous les matins vers six heures, de tirer sur une corde ouvrant la trappe qui libérait le foin de son déjeuner.

Je crois m’être assez bien acquitté de cette mission même lorsque je n’étais pas encore bien éveillé. Ma chambre devait probablement sentir un peu le cheval à cause de la lucarne, mais comme cette dernière me permettait d’entendre ce qui se passait de l’autre côté, ceci compensait cela.

Une nuit, je fus réveillé par un grand bruit de sabots, le « Mousse » était malade, le « Mousse » avait la « colique », cette maladie qui tuait souvent les chevaux à cette époque. Vous dire les angoisses nocturnes du gamin de 9 ans que j’étais m’est difficile maintenant, je garde encore le souvenir de cette nuit.
Mais le lendemain, le vétérinaire ayant guéri son patient, je me souviens beaucoup plus de ma joie, quand le surlendemain, mon père m’a assis sur le cheval comme il en avait l’habitude, quand il partait aux champs. Je suis même sûr que ce jour-là, le blé était plus doré, le soleil plus brillant, quand nous avons monté la côte du Bandonnier pour aller rejoindre la Rosalue, la moissonneuse qui nous attendait le long des « anrayous ».
Et le soir, sous le platane de la cour de la ferme, où nous mangions, lorsque le « Mousse » a posé son énorme patte sur le coin de la table, pour réclamer le pain et le sucre de son dessert, un ange a dû passer au-dessus de la table de la famille. Seuls les grillons, non concernés, continuaient leur concert.

Que les autres chevaux de la rue me pardonnent mon chevalinisme, mais vous savez, l’amitié, ça ne se commande pas.

Si je me suis permis d’intercaler un quadrupède dans mes récits, je vous en demande pardon. Il y a des histoires que l’on aime raconter. Il y a des histoires qu’il faut raconter, ne serait-ce que pour dépeindre les rapports qui unissaient les gens de Ma Rue et leurs chevaux.

Eux me comprendront (les enfants aussi, je suppose)

Hue !!! Ho !!! Vinitie !!! Ouoo !!! Arrie !!!  (ne croyez pas que j’aie abusé des points d’exclamation, car les gens de ma Rue parlaient très fort à leurs chevaux)

Avance ! Arrête ! A droite ! A gauche ! Arrière !

Patois ? Langage Cheval ? Va savoir…

Georges SUBLET

  

 

 

potin1

 Scan du N° 1 du "Potin" (Dominique Bailly)

 

 

 

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 17:25

Voici ci-dessous et en guise d'introduction à une série à venir l’intégralité de l’article de Georges SUBLET, paru dans « Le Potin » n° 4

FEYZIN DES ANNEES ‘VINGT’

« La batteuse et les vendanges »

La Rue Thomas

On té que te vé !?

Où vas-tu !?

D’on té que te vins !?

D’où viens-tu !?

Des expressions sonores et patoises, qui sont aussi des Bonjours et des Adieux, ma rue les a entendus très souvent…

Quant à cette dernière, elle vient de l’Est et finit vers l’Ouest, là-bas dans les lônes et les vorgines près du Rhône. Elle doit paraît-il son nom à un prince de Savoie : « Thomas je ne sais qui ».
Il y a également une autre explication ; un thomas était un récipient en faïence utilisé la nuit pour éliminer les excès de boissons de la journée, d’où son nom de « Pot de chambre ».

Un sol d’argile, une rigole empierrée, je ne sais s’il fallait l’appeler Torrent ou Thomas, Torrent quand les grands orages d’août lui donnaient un aspect de Rhône violent et rapide, Thomas quand les chevaux, les vaches, les chèvres ainsi que leurs bipèdes de Maître utilisaient cette rigole centrale.

Pollution !!! me-direz-vous ? Que non ! Les crues et les décrues du Rhône qui lavaient ma rue plusieurs fois pas an et le torrent qui la relavait du levant et couchant devaient probablement rétablir l’équilibre bien sûr avec l’aide du soleil qui empruntait le même trajet.

Les plus anciennes et anciens Feyzinois encore vivants sont nés dans cette rue, demande-leur. Une demi-douzaine de champions de France et même d’Europe sont nés également dans cette rue, renseigne-toi.

Voyageur, toi qui viens de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Sud, toi qui a cherché et trouvé une identité et planté tes racines dans le limon de mon Fleuve, permets-moi de te parler de la batteuse et des vendanges des vorgines et des fagots, des brochets, des carpes et des tunards, des canardières et des canards, et si tu as la patience de me lire, je te parlerai de la vie extraordinaire de ma rue, du zeb, de caisson, de clapaud et des autres, de leur humour, de leur gaîté. Je te parlerai des migrations gitanes avec leur carrioles et leurs paniers d’osier, qui croisaient sur le chemin de halage les chevaux qui remontaient les péniches de la Maison Blanche à la Darse de Saint-Fons.

« On té !? D’on té que te vins

E vé bian com ichan, ne van resto per itii magnaud

Alo vins berre on coup et vins migi la sope »

(Où vas-tu ? D’où viens-tu ? Je suis bien comme ça, vais rester par ici, alors viens boire un coup et manger la soupe )

 

A suivre…

impasse thomasVue ancienne de l'impasse du Thomas (fournie par Dominique Bailly) 

Georges Sublet évoque ci-dessus le Rhône et son florilège, ce qui me permet ici de saluer Bernard Clavel qui nous a quittés récemment. L’écrivain, né à Lons-le-Saulnier, s'était  installé à Vernaison,  et avait écrit entre autres « Pirates du Rhône », un beau récit sur une famille de « pirates » qui voit arriver l’industrialisation sur son territoire.


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