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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 13:45

Voici le blason de Feyzin :

Sa signification :
- le dauphin représente la province du Dauphiné
- le coq est celui des Seigneurs de Chaponnay
- le fagot évoque les anciennes vorgines (c'est aussi une référence à l'origine supposée du nom de Feyzin, qui viendrait du latin fascis, fagot)

- le Rhône, qui descend vers le soleil, vers le Midi

 

La devise de Feyzin : "Quand le coq chante, l'espoir revient"

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 15:29

Continuons avec la petite histoire de Feyzin, mais centrée plus particulièrement sur la seconde moitié du XIXe siècle. Georges Saunier disait que les archives municipales de cette époque étaient assez nombreuses à Feyzin.

Georges Saunier avait publié en 1948 ce fascicule à l'occasion du Centenaire de l'église de Feyzin (Imp. C.I. Villeurbanne)

Alors qu’en 1836 Feyzin comptait 1161 habitants, il y en avait 1202 en 1851, 1317 en 1901, 1666 en 1926, 1775 en 1946, 3363 en 1962 et 5604 en 1968, 8461 en 1999 et 9347 en 2004. Aujourd’hui, Feyzin doit compter plus de 10000 habitants.
Le quartier de la place de l’église (ancienne mairie, église, ancienne cure) et la place des Razes et l’ancienne place de la Bégude datent de 1875. L’église fut terminée en 1848. A la même époque, s’édifiaient la mairie (sur la place de l’église) et le cimetière. La rue du Dauphiné (ex-rue de la Gare) n’était occupée que par quelques rares maisons. En 1855, on parle d’une voie ferrée qui traverserait Feyzin… En revanche, le trafic fluvial était encore très important. Une collision eut lieu entre un bateau tiré par les chevaux des mariniers et le premier passage d’un bateau à vapeur, et le bilan fut assez lourd. Pour accueillir les bateliers, il n’y avait pas moins de quatre auberges à Feyzin : celle des Brotteaux, de la Belle-Etoile (le nom du lieudit est resté), le Château de l’Isle et l’auberge de la Tuyère. Cette dernière était la plus importante, sinon la plus célèbre. Elle était gérée par la Tante Zion.
Le dimanche, on pouvait aller aux guinguettes ombragées goûter la friture et danser. Aux Razes, se trouvait un atelier, la propriété Barnoud, et une fabrique de vin liquoreux. A cette époque encore, les vignes étaient nombreuses, disposées en gradins, et l’on produisait un excellent vin blanc, la Roussette. L’été, des Ardéchois venaient moissonner le blé. On a cultivé aussi à Feyzin le chanvre jusqu’en 1880.

La place des Razes vers 1910. Derrière le personnage central, on aperçoit les premiers peupliers de l'allée du même nom (qui devint ensuite l'Allée des Platanes)

Avant que le drapeau tricolore ne flottât , le 27 décembre 1848, dans le ciel feyzinois, la rivalité Razes (royalistes)-Bégude (républicains) provoquait des bagarres chez les gamins, excités sans doute par les discussions des pères !

La place de La Bégude (vers 1920 ?) Une photo plus ancienne, prise au même endroit, montre une des premières automobiles à Feyzin.

L’église avait un clocher en forme de flèche, suite à un violent orage, en 1874, qui endommagea l’ancien clocher (une tour carrée couronnée d’une toiture à quatre versants). Puis en 1897, un incendie ravagea de nouveau le clocher, qui fut réparé et modifié à nouveau, avec sa forme actuelle, dont la restauration fut achevée en 1899.
(d’après les travaux de Georges Saunier)

Un projet, datant de 1848, pour la nouvelle église de Feyzin. Visiblement, il n'a pas été retenu (photo de M. Basson)

Ma mère racontait que lorsque le clocher fut frappé par la foudre et prit feu, ce serait son père qui était chef de gare, qui aurait donné l’alerte. Et souvent elle rapportait le récit de mon grand-père qui avait vu les cloches de l’église fondre sous les flammes, donnant un spectacle lumineux extraordinaire. Mais peut-être ce récit était-il le souvenir d’une petite fille médusée, écoutant son papa…

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 15:36

Après un peu d’histoire, voyons ce qui reste (matériellement) du passé de Feyzin. J’en avais fait un recensement non exhaustif en 1975, après les conférences de Georges Saunier, agrémentées des superbes diapositives de Robert SUBLET. A vous, lecteurs de Feyzin, de confirmer ou d’infirmer mes propos.

 - Le château de Saint-Annin, qui date de 1616, et qui est situé maintenant sur le territoire de la commune de Solaize ; la croix Saint-André, face à la chapelle du même nom, au château Saint-Annin

 - Une borne très ancienne, au lieudit du Bandonnier

- Le Prieuré de La Tour (sur la route de La Tour à Beauregard, près du groupe scolaire – 1252) ; façade de la ferme, porte du XIIe, écurie et pierres

 - Une cave du XIIIe siècle à La Tour, près du Prieuré, avec les ruines d’une enceinte (portail) et les pans de murs d’une maison

- Le pont du Carré Brûlé (1859)

- Une croix très ancienne près du cimetière

- Les ruines d’un édifice (ancienne église ou château ?) qui a disparu lors de la construction de la voix ferrée ; portail et croix, celle-ci a été déplacée après la démolition de l’ancienne mairie (maison Commeau)

- La rue « Fine » - La rue « Thomas » (XIIIe siècle)

- Le château de La Bégude, ex-château des Sœurs

- Le Fort de Feyzin

- Et, peut-être, la « lône d’or », derrière l’usine Plymouth

 

J’avais aussi recensé ce qui a disparu, soit avec la construction du complexe pétrolier, du canal de fuite et de l’autoroute A7, soit après restructuration de quartiers :

 - L’ancienne mairie, rue Hector-Berlioz

- Le vieux quartier du Carré Brûlé (l’ancienne ferme Couturier était l’ancienne auberge de la Bouvardière)

- Le château de l’Isle (avec portail Louis XIII, cour et blasons), qui fut détruit en 1961

 - La poterie Paillet (dans l’actuelle zone d’activité)

La poterie Paillet, photographiée en 1966, juste avant sa démolition (photo DR)
- Et puis, là où est implantée la raffinerie et où passe l’autoroute : des lônes, des sous-bois, des peupliers géants, des guinguettes (Maison Fontaine), la Gravière, les vorgines et leurs puits, la Petite Gravière, les Fourches au nord du château de l’Isle, la Maison Blanche, la Tuyère et la gravière Constantin, la Poule Noire, le four de la Tuyère, des saules, le Campeau, l’allée des platanes (ex-allée des Peupliers), des champs de blé dans la vallée, la traille du Rhône, etc. etc.

A ma connaissance, seul Robert Sublet a fixé, avant le chantier, les images de ce passé irrémédiablement perdu. Il avait aussi rassemblé, après de minutieuses recherches, de nombreuses rares cartes postales de Feyzin et des photos, et même un court film des joutes sur la Gravière.

Pour ma part, je revois, lorsque j’avais une dizaine d’années, le ballet terrible des bulldozers et pelleteuses dans la vallée ; je revenais de l’école du Plateau par la Côte, et je m’arrêtais pour observer, le cœur serré, tous ces grands arbres qui tombaient, ces paysages qui se transformaient… Ca me paraissait irréel, et je savais, en voyant cela, qu’une part de mon enfance disparaissait à jamais.

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 14:49

En fait, un petit cours d’histoire abrégée, car je l’ai dit, je ne suis pas historien. Aussi pour cela je m’en réfère au meilleur chroniqueur de l’histoire de Feyzin (à mon avis) qui était tout simplement un vrai Feyzinois : Georges SAUNIER. Il a beaucoup écrit, souvent dans des revues locales, souvent pour les journaux (Le Progrès de Lyon entre autres), et aussi de merveilleux fascicules intitulés « Feyzin au passé simple » (1977, 1986 et 1990). Déjà mon premier emprunt : le nom de mon blog ! Georges Saunier, qui nous a quittés, a passé beaucoup de temps dans les associations d’histoire locale (dont j’ai oublié les noms) et a exploré minutieusement les archives municipales.

Des travaux de Georges Saunier, j’avais fait mon petit condensé en 1975, une « petite histoire de Feyzin ». J’espère ne pas trahir les recherches de Georges en livrant ci-après un nouveau condensé.

Le premier des 3 volumes publié par Georges Saunier (Imprimerie Corbasienne, 1977)


Feyzin est un antique village, le plus vieux sans doute de toutes les communes qui l’entourent. Son nom viendrait de fascis, en latin le fagot. Depuis des temps immémoriaux, on venait aux « îles » de Feyzin, qu’encerclaient les « lônes », faire provision de menu bois.

Terre patrimoniale de Saint-Didier, évêque de Vienne, martyr en 611, Feyzin a été pendant des siècles un fief de l’Eglise de Vienne. Les archevêques de Vienne comprenaient deux familles : les comtes de Maurienne et ceux d’Albon (IXème siècle). Deux prieurés à Feyzin, celui de La Tour et celui des Vignettes, furent fondés au XIIème siècle. Le second, connu maintenant sous le nom de château de Saint-Annin, est aujourd’hui sur le territoire de la commune de Solaize.

Dauphinois en 1287, Savoyards en 1310, nous devînmes Français en 1349. La famille de Chaponnay domina alors l’histoire de Feyzin pendant trois siècles. Un de ses illustres membres, Jean Ier, Seigneur de Feyzin, valeureux capitaine, se distingua au service du futur roi Louis XI. Il fut enterré en 1457 dans le chœur de l’ancienne église de Feyzin (dont les ruines ont disparu lors de la construction de la voie ferrée).

En 1520, Humbert de Chaponnay achète au Roi-Dauphin les terres feyzinoises pour 400 livres. Puis nous savons que du XVIème au XVIIIème siècle, les Jésuites ont exercé une domination néfaste.

L’illustre future Impératrice, Joséphine de Beauharnais, accompagnée de sa fille Hortense, séjourna en 1790 au Château de l’Isle, qui appartenait alors au Gouverneur des Antilles. Ce château a été détruit en 1961 lors de l’arrivée de l’industrie pétrolière à Feyzin. Ce château comportait un portail Louis XIII.

La nouvelle église de Feyzin fut achevée en 1848. Il y avait à Feyzin environ 1000 habitants, pour la plupart paysans, charretiers, pêcheurs, mariniers et vanniers. C’est aussi en 1848 (le 27 décembre) que flotta pour la première fois le drapeau tricolore dans le ciel de Feyzin !

Georges Saunier écrivait en 1962 : « Aujourd’hui, Feyzin est un immense chantier, et demain sa plaine rhodanienne va jouer un grand rôle industriel. Les usines se développent, d’autres vont s’installer. Canal, autoroute, raffinerie, gare de triage… Les projets défilent, les réalisations suivent de peu. Le rythme s’intensifie. Des immeubles poussent, des quartiers entiers naissent… La chrysalide rurale devient papillon urbain… »

Et en 1966, au début de cette mutation, survint la catastrophe du 4 janvier à la raffinerie. Mais nous y reviendrons…

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 14:11

Voici mon premier blog... Je ne suis pas expert, loin s'en faut, mais de nos jours, créer un blog est assez aisé. Alors je me lance. Je me lance dans un projet qui me tient à coeur depuis quelques années, parler du passé de mon ancienne commune de résidence, FEYZIN, dans le Rhône, en région Rhône-Alpes. Feyzin est tout proche de LYON, et est connu surtout, lorsqu'on passe rapidement sur l'autoroute A7, pour les mauvaises odeurs de sa raffinerie. Raffinerie tristement célèbre à cause de la catastrophe meurtrière de 1966, qui avait fait la une des médias de l'époque, et connue aussi comme l'une des premières grandes catastrophes technologiques de la seconde moitié du XX ème siècle. Et pourtant...

Et pourtant Feyzin est bien plus que cela. Commune en plein développement grâce à une gestion dynamique, commune au charme parfois discret de certains de ses quartiers, commune à dimension humaine, Feyzin est riche d'un passé dont je voudrais, à travers ce blog, retrouver la trace, par l'évocation de souvenirs et de nombreuses références d'auteurs dont je parlerai, bien sûr, mais aussi grâce à une certaine tradition orale qui existe chez de nombreux habitants de la commune, âgés ou moins âgés. Ils auront la parole, soit à travers mes évocations, soit lorsqu'ils voudront bien me contacter.

Je possède plusieurs documents, réunis pendant des années, mais leur publication sur ce blog sera subordonnée à l'autorisation de leurs auteurs, je les remercie d'avance ; les références que je pourrai donner ne seront peut-être pas toujours fidèles, je m'en excuse déjà (je ne suis pas historien !)

Ce blog existera en fonction de mon temps libre et de la contribution des Feyzinois qui voudront bien me lire... et m'écrire ! Les blogs ont cet avantage.

Je m'en tiens là pour aujourd'hui. Je dédie ce travail en mémoire de mes parents, à mon père qui, lorsque j'étais enfant, m'a si souvent emmené avec lui dans les lieux aujourd'hui disparus de Feyzin, et à ma mère qui nous parlait si souvent aussi, avec son parler lyonnais pittoresque, du vieux Feyzin.


A bientôt !



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