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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 18:00
J'ai évoqué rapidement dans un précédent article les chèvres de Madame Gauchon.
En fait, Jeannette Gauchon menait en maîtresse-femme l'une des dernières fermes de Feyzin, alors située au Carré-Brûlé ; était-ce celle-ci que l'on appelait la ferme de la Bouvardière ? A moins qu'il s'agisse plutôt de la ferme Comte, située en direction de la RN 7. La ferme Gauchon hébergeait bon nombre d'animaux, au nombre desquels se trouvait un troupeau de chèvres. Madame Gauchon les emmenait paître chaque jour jusqu'après le petit pont de la voie ferrée, qui conduisait aux champs remplis de hautes herbes. Quand nous passions en voiture par le pont des Gorges du Carré Brûlé, il n'était pas rare de voir le troupeau de chèvres, descendant ou montant (ça dépendait du côté où l'on se trouvait, évidemment) ; Madame Gauchon les menait, flanquée
d'un bâton. Elle empruntait ensuite le chemin sous-Gournay, jusqu'au petit pont sous la voie ferrée. Ma soeur m'affirme que le chemin fut baptisé, dans les années 1990 "Sentier Gauchon" ; mais l'appellation a dû tomber en désuétude, jusqu'à disparaître [et pourquoi donc ? Nous avons un nécessaire et obligatoire devoir de mémoire pour ceux qui ont combattu pendant les deux guerres mondiales du XXème siècle ; par contre, où est le devoir de mémoire pour notre passé "quotidien" ??].
Un article d'un bulletin municipal de 1986 raconte le travail de Jeannette Gauchon.

ferme gauchon
La ferme Gauchon fut démolie pendant la première mandature de Yves Blein, pour la construction de locaux municipaux (au Carré Brûlé).

Mon autre soeur m'évoque une autre fermière, qui avait aussi des chèvres. La ferme se situait en face du pont de la Montée des Gorges (à l'actuel emplacement du lotissement Le Mozart) ; je me demande s'il ne s'agit pas de cette ferme très ancienne qui fut démolie parce qu'elle menaçait de s'effondrer (voir article au début de ce blog) ; je me souviens vaguement de cette personne et de ses chèvres, qui allaient jusqu'aux champs longeant la voie ferrée (actuelle zone d'activité du Château de l'Isle). Quand j'étais gamin, nous allions avec ma famille (ma grand-mère ou ma mère, et mes frangines) chercher de l'herbe pour les lapins (car nous avions une mini-ferme au jardin), et souvent nous croisions, avec frissons, nombreuses vipères et couleuvres. Qui nous racontait, de ces deux fermières, qu'assise, elle les voyait passer entre ses jambes et ne bronchait pas ? Je ne saurais le dire, ma mère se souvenait de cela, car elle en parlait souvent. Près du sentier Gauchon, j'étais en vadrouille avec mes soeurs, et je me suis penché en disant "Oh le gros ver", prêt à le ramasser comme je faisais dans notre jardin. Le gros ver était une vipère et j'avais quatre ans, et mes soeurs m'ont promptement arrêté. Une autre fois, dans un champ aux hautes herbes, j'étais avec ma mère et mes deux frangines. Soudain, elles se sont mises à crier et à s'enfuir jusqu'au coteau de la voie ferrée, me plantant là, hurlant et me demandant ce qui se passait. En fait, elles avaient vu une vipère dressée devant elles. Ma mère est tout de même courageusement revenue me chercher. J'étais tout petit, mais je me souviens parfaitement de cette scène, où l'on m'avait lâchement abandonné...

-voc-histo 5797
Le Sentier Gauchon en juillet 2009 (barré pour les véhicules)

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