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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 21:51

Peut-on dire que la plus ancienne industrie de Feyzin fut l’exploitation du chanvre ? Georges Saunier (« Feyzin au passé simple », 1977) expliquait qu’elle se faisait à Feyzin jusqu’en 1880 : «  Le chanvre, plante très haute, était arraché à maturité. On ‘rouissait’ le chanvre dans le Rhône, ce qui veut dire qu’on faisait pourrir l’écorce dans l’eau, on le séchait ensuite, puis on cassait l’écorce, enfin on le filait. » Le chanvre servait ensuite de filin pour tirer les bateaux sur le Rhône.

L'allée du Rhône, avec de jeunes platanes (Photo Basson)

C’est d’ailleurs au bord du Rhône que l’industrie va faire son apparition. Tout un chapitre y est consacré dans « Feyzin au passé simple », 1986. Vers 1850, une usine de pâte à papier était créée au bout de l’allée du Rhône. Puis un industriel lyonnais, Victor Planchon, installa au bord du Rhône une usine de celluloses, de part et d’autre de l’extrémité de l’allée du Rhône.
L'usine Planchon

 A la même époque, toujours dans le même secteur, la fameuse Soie de Feyzin, chantée par les Cerclots (comme la meilleure du monde) était en réalité la fabrication de la rayonne, substitut artificiel de la soie naturelle. La Société Plymouth Française s’installa par la suite à la place de la Soie. En face, la Société Lumière créa cette fameuse « cité » si bien racontée par quelques Feyzinois dans le film documentaire de Jean-Jacques Tardy (« Mémoires de la Cité Lumière de Feyzin », 2008) et sorte de village dans le village. La Société Lumière (les « Films » comme on disait à Feyzin) transplanta ensuite ses locaux à Saint-Priest, annonçant la fin de cette entité feyzinoise.

Mes parents travaillèrent à la Soie (mon père) ou aux Films (ma mère) comme beaucoup de Feyzinois, entre les deux guerres. Mais pas seulement. Pour venir travailler à Feyzin, des ouvriers et employés de l’autre rive (Irigny notamment) traversaient le Rhône avec la « traille », cette barque qui m’intrigua si souvent. Il était rare pour moi de la voir à l’œuvre, puisque cela se passait tôt le matin et en fin d’après-midi. Je n’étais pas du quartier, mais on en entendait, sur la traille, avec tous les dangers que la grande barque devait affronter.

L'embarcadère du bac à traille (photo parue dans "Feyzin au passé simple")

Et c’est alors que le grand chantier d’Elf et des autres arriva (1960). On en reparlera plus longuement (comme du Rhône d’ailleurs) ; A cette époque, il existait trois grandes entreprises : la Société Lumière, la Société Plymouth (qui existe toujours au même endroit) et l’Air Liquide à la Belle-Etoile ; à Plymouth, on traitait le caoutchouc, dans tous ses états (du petit caoutchouc qui sert à réunir une liasse de documents par exemple aux protections des câbles divers enterrés).

Puis la Société Elf construisit une des plus grandes raffineries de pétrole du moment.

 

La raffinerie de Feyzin vue par Jean Boachon ("Feyzin autrefois")

(sources : Georges Saunier + Bulletin municipal de Feyzin + film de Jean-Jacques Tardy)

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commentaires

marie-paule encore 09/01/2009 16:24

Je crois que cette allée du Rhône, telle qu'elle est sur cette vieille photo, est l'image qui me rend plus nostalgique que le reste. Probablement parce que c’est une image qui a complètement disparu du paysage feyzinois, emportant avec elle tous les souvenirs où elle conduisait : les bords du Rhône, la Gravière, la traille, les anciens terrains de foot bien avant la construction du stade.(où j'allais voir jouer mes cousins Paul et Jean-Claude)
Je me revois à la place du photographe, avec l’église en face, là-haut sur la colline, avec le soleil couchant dans le dos, qui, les fins d’après-midi d’été, éclairait d’une lumière chaude les feuilles des platanes. On se disait qu’avant de remonter à la Bégude, on passerait peut-être par le café Perret pour voir notre pépé faire sa partie de billard avec ses copains, dont le père Bazin, le coiffeur d’à côté de chez toi. Et qu’à la fin de sa partie, il nous paierait une grenadine…

marie-paule 08/01/2009 23:31

Très bon résumé de cette partie réservée à l'industrie à Feyzin, illustrée avec cette si jolie allée du Rhône qui menait à ces autres lieux de vie de Feyzin que constituait cette première zone industrielle qu'on appelait pas encore une Z.I.
Je me souviens qu'une de mes grandes tantes qui habitait rue Fine effectuait du travail à la tâche à domicile pour le compte de la Plymouth. Il s'agissait de peser les bracelets élastiques et d'en remplir de petits sacs de cellophane.
Sur les plus épais, il fallait imprimer avec un gros tampon le mot "Plymouth" et c'était un jeu pour moi de tamponner ces gros élastiques.