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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 18:14

La Route Nationale n° 7, qui fut voie romaine à l’origine, devint au cours de l’Histoire route royale, puis route impériale, puis route nationale… Jadis à Feyzin, on l’appelait « la Route », ou "la 7",« la Nationale », voire « la Nat’ » (prononcer « nasse »)… Que de termes pour cette voie de communication qui traverse Feyzin ;  j’en oublie un : « route départementale 307 », appellation actuelle de la RN 7, après la dé classification en 2004  décidée par la loi sur la décentralisation du gouvernement Raffarin (cette dé classification fit le mécontentement de ceux qui aimaient la RN 7, celle que chantait Charles Trenet).

Cette grande Route de Feyzin était l’un des trois grands axes de communication, avec le Rhône (le plus ancien moyen de communication sans doute) et la voie ferrée au XIXe siècle. Puis l’autoroute du Soleil (A7) détrôna la RN 7 après les années 1960.

Vue panoramique en 1964 (photo Ed. SOFER)

La Société d’Histoire – Sauvegarde du Patrimoine raconta l’histoire de cette route dans un fascicule non daté (2005 ?) de façon très complète et très documentée, comme toujours. La Municipalité de Yves Blein engagea des travaux qui métamorphosèrent l’apparence connue précédemment de la Route, à Feyzin.


Cette route, elle en a vu passer du monde ! Des gens motorisés ou non, des touristes, des étrangers (et même, semble-t-il, un sombre étranger nommé Hitler), les résistants et les alliés en 1944. Ce fut aussi le lieu de nombreuses courses cyclistes, outre le célèbre Tour de France. C’est que ça montait, pour aller à La Bégude (sens Vienne-Lyon), j’en ai fait plusieurs fois l’expérience (à caractère bien moins sportif) à bicyclette !  Et puis les cars Citroën, les vieux cars « Citron » comme nous les appelions, peinaient bruyamment à grimper la côte, et cela pendant de nombreuses années. Nous prenions le car pour aller du côté de Lyon en face de la cité des Maures.

Années 1900 sans doute ; puis l'arrêt de bus était plus tard devant la seconde maison à gauche (photo d'une carte postale parue dans Le Progrès)

Avant l’autoroute A7, la Nationale était la route des vacances, on l’empruntait de Paris jusqu’à Lyon, puis en direction du Midi, après Vienne. Dans les années 1950-70, il y avait encore beaucoup de circulation. La RN 7 avait cette particularité de desservir Feyzin-le-Bas, et Feyzin-le-Haut : les quartiers dits de « la Route »,
Carte postale ancienne (Catala Frères, Paris)

le Bandonnier,  le futur quartier des Géraniums, le Carré Brûlé, l’allée des Marronniers – dont nous reparlerons très bientôt –  , la Bégude, la route de Corbas et du Fort, et les quartiers d’après la Bégude (toujours si l’on reste dans le sens Vienne-Lyon) : la Tour, les Limites, avant d’arriver à Saint-Fons. C’est de ce côté-là que les non-Feyzinois découvraient que Feyzin, c’était  aussi les roses (les célèbres rosiéristes étaient Gaujard et  Orard) ; nous recevions souvent du courrier libellé Rue des Roses au lieu de Rue des Razes ! Pour la Bégude, nous y reviendrons aussi.

Déjà le pétrole à Feyzin ! (années 1900) L'une des premières voitures à pétrole à Feyzin ! (photo d'une carte postale parue dans Le Progrès)

On peut lire dans le fascicule cité : [Après la mutation de Feyzin  de 1960,] « le trafic automobile se reporte sur l’autoroute. La France entière, mais aussi le Nord de l’Europe ne connaît Feyzin que par sa raffinerie et ses pollutions. Pourtant la Nationale, moins encombrée, conserve un charme que les touristes plus attentifs aux paysages qu’à la vitesse moyenne apprécient : des champs, immeubles bas, changement de paysage à la Bégude… »

La fanfare de Feyzin sur la route nationale ! Date estimée : 1920 (Photo de M. VERRIER - DR)

J’ai lu aussi dans ce fascicule ce passage triste d’un célèbre acteur qui provoqua un homicide involontaire à Feyzin en 1939. Pourquoi ne pas le nommer ? Tout le monde savait à Feyzin qu’il s’agissait du brillant Raimu. Mes parents en parlaient avec un peu d’amertume, car Raimu était très apprécié par ceux qui l’avaient vu à l’écran avant-guerre. Le problème était qu’il y avait, comme on dirait maintenant, délit de fuite. Mais Raimu se montra ensuite très généreux avec la famille de la victime.

Après l’évocation de la Route Nationale à Feyzin (et beaucoup continueront à l’appeler ainsi encore longtemps), nous continuerons notre voyage dans le temps en entrant dans les quartiers proches de « la Route ».

Carte éditée par CEF, Nice pour le Cercle philatélique de Feyzin en 1974

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commentaires

FOurs 15/11/2012 18:07

bonjour
j'ai trouvé votre page intéressante, comme je fais un billet sur la Route de Vienne (2) dans les prochains jours, un lien y sera installé.

marie-paule boria 25/12/2008 19:22

Pfouou !!Elles sont super, ces vieilles photos. Je me souviens de ce portail en face de chez Jarnet avt la construction des Maures. C'est fou !
D'accord à propos de Raimu ! On s'est tous posé cette même question. Manuel Pomarès a édité son fascicule fin 2006 avt l'organisation de la fête pour la route en 2007.