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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 15:29

Continuons avec la petite histoire de Feyzin, mais centrée plus particulièrement sur la seconde moitié du XIXe siècle. Georges Saunier disait que les archives municipales de cette époque étaient assez nombreuses à Feyzin.

Georges Saunier avait publié en 1948 ce fascicule à l'occasion du Centenaire de l'église de Feyzin (Imp. C.I. Villeurbanne)

Alors qu’en 1836 Feyzin comptait 1161 habitants, il y en avait 1202 en 1851, 1317 en 1901, 1666 en 1926, 1775 en 1946, 3363 en 1962 et 5604 en 1968, 8461 en 1999 et 9347 en 2004. Aujourd’hui, Feyzin doit compter plus de 10000 habitants.
Le quartier de la place de l’église (ancienne mairie, église, ancienne cure) et la place des Razes et l’ancienne place de la Bégude datent de 1875. L’église fut terminée en 1848. A la même époque, s’édifiaient la mairie (sur la place de l’église) et le cimetière. La rue du Dauphiné (ex-rue de la Gare) n’était occupée que par quelques rares maisons. En 1855, on parle d’une voie ferrée qui traverserait Feyzin… En revanche, le trafic fluvial était encore très important. Une collision eut lieu entre un bateau tiré par les chevaux des mariniers et le premier passage d’un bateau à vapeur, et le bilan fut assez lourd. Pour accueillir les bateliers, il n’y avait pas moins de quatre auberges à Feyzin : celle des Brotteaux, de la Belle-Etoile (le nom du lieudit est resté), le Château de l’Isle et l’auberge de la Tuyère. Cette dernière était la plus importante, sinon la plus célèbre. Elle était gérée par la Tante Zion.
Le dimanche, on pouvait aller aux guinguettes ombragées goûter la friture et danser. Aux Razes, se trouvait un atelier, la propriété Barnoud, et une fabrique de vin liquoreux. A cette époque encore, les vignes étaient nombreuses, disposées en gradins, et l’on produisait un excellent vin blanc, la Roussette. L’été, des Ardéchois venaient moissonner le blé. On a cultivé aussi à Feyzin le chanvre jusqu’en 1880.

La place des Razes vers 1910. Derrière le personnage central, on aperçoit les premiers peupliers de l'allée du même nom (qui devint ensuite l'Allée des Platanes)

Avant que le drapeau tricolore ne flottât , le 27 décembre 1848, dans le ciel feyzinois, la rivalité Razes (royalistes)-Bégude (républicains) provoquait des bagarres chez les gamins, excités sans doute par les discussions des pères !

La place de La Bégude (vers 1920 ?) Une photo plus ancienne, prise au même endroit, montre une des premières automobiles à Feyzin.

L’église avait un clocher en forme de flèche, suite à un violent orage, en 1874, qui endommagea l’ancien clocher (une tour carrée couronnée d’une toiture à quatre versants). Puis en 1897, un incendie ravagea de nouveau le clocher, qui fut réparé et modifié à nouveau, avec sa forme actuelle, dont la restauration fut achevée en 1899.
(d’après les travaux de Georges Saunier)

Un projet, datant de 1848, pour la nouvelle église de Feyzin. Visiblement, il n'a pas été retenu (photo de M. Basson)

Ma mère racontait que lorsque le clocher fut frappé par la foudre et prit feu, ce serait son père qui était chef de gare, qui aurait donné l’alerte. Et souvent elle rapportait le récit de mon grand-père qui avait vu les cloches de l’église fondre sous les flammes, donnant un spectacle lumineux extraordinaire. Mais peut-être ce récit était-il le souvenir d’une petite fille médusée, écoutant son papa…

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